Burgess-dunne-No. 3

CAMS 37

Cams-38

Vue d'un CAMS 37/13 (photo : Gallica, Aviation magazine de l'espace, juillet 1961) Vue d'un hydravion biplan CAMS 37/13, codage 3S1.6, escadrille de surveillance 3S1, basée à Hyères, Var. Ce modèle à coque métallique pouvant être catapulté, est vu au moment ou l'on s'apprête à le hisser à bord d'un navire. Les appareils de ce type furent remplacés dans cette unité, par des Gourdou-Leseurre GL-810/813.

Le CAMS 37 était un hydravion construit en France au milieu des années 1920, qui avait été conçu à l'origine pour des missions militaires de reconnaissance, mais qui fut finalement décliné en un grand nombre de versions, et utilisé dans une large variété d'emplois. Cet appareil fut le premier conçu par le nouveau directeur des études, Marcel Hurel, chez CAMS, Chantiers Aéromaritimes de la Seine. Le prototype fut exposé au Salon de l'Aviation de Paris tenu au Grand Palais, en décembre 1926, et son vol inaugural fut effectué la même année. Par la suite, le modèle fut testé, puis rapidement commandé.

L'hydravion, qui pouvait être amphibie grâce à une paire de roues repliables montées sous les ailes basses complétées d'un patin de queue, était un biplan d'un dessin conventionnel, très similaire aux machines précédentes de la compagnie CAMS, avec le moteur entrainant une hélice bipale en bois propulsive, monté sur des mâts entre les deux plans. La capacité de l'avion allait jusqu'à trois ou quatre personnes, dans une cabine qui pouvait être, suivant les versions, parfois fermée. En version armée, l'appareil pouvait être doté d'une mitrailleuse orientable Lewis de calibre 7,7 mm montée sur anneau en place avant, et de une arme de même type dans le poste défensif arrière. Aussi, une charge de bombes allant jusqu'à 660 livres (300 kg), pouvait être accrochée sous les ailes basses avec des lance-bombes Alkan. Le moteur était un Lorraine-Dietrich 12 Eb à prise directe ou un 12 Ed avec réducteur.

La première version de production fut l'amphibie CAMS 37A qui fut mis en service dans la marine française, mais également dans la marine portugaise, et aussi dans un aéro-club en Martinique, dans les Antilles. Le modèle devint une machine quelque peu bonne à tout faire dans la marine française (patrouille, liaison, entraînement), en étant employé depuis des bases navales basées à terre (par exemple, étang de Berre, Brest, Hyères, Karouba en Tunisie, Orly, Rochefort, ou Saint Mandrier dans le Var), mais aussi en étant embarqué sur de nombreux bateaux, par exemple le croiseur-école Jeanne d'Arc, les croiseurs Duquesne, Edgar Quinet, Tourville, Waldeck-Rousseau, le porte-avions Béarn, et le Commandant Teste. Sur ces navires, l'appareil n'était pas catapulté, mais mis à la mer par l'intermédiaire d'une grue et récupéré de la même façon. Le CAMS 37A fut aussi utilisé par l'armée de l'air française, en un douzaine d'exemplaires, en Indochine.

Le CAMS 37 fut décliné en de nombreuses versions et fut construit, au total, en plus de 330 exemplaires. Le CAMS 37A amphibie, fut la première version majeure, fabriquée en environ 185 (145 ?) exemplaires. Le train d'atterrissage fut à l'origine de problèmes d'aérodynamique, et apportait plus d'inconvénients que d'avantages, aussi il fut rapidement omis. La version 37/2, construite en 45 exemplaires, fut un pur hydravion qui incorporait certaines améliorations issues du modèle 37A. Le CAMS 37 Lia (ou 37A/7), destiné aux missions de liaisons, avait une cabine fermée pouvant contenir quatre personnes. Cette machine fut produite en une petite quarantaine d'exemplaires et fut mise en oeuvre dans la plupart des sections liaison et entraînement des bases terrestres. Le 37/11 fut une autre version de liaison et entraînement dotée d'une coque en bois d'une capacité de quatre places, et fabriquée en 110 exemplaires. Certaines machines construites en un nombre réduit, furent dotées d'une coque métallique (37A/9, 37/13 aussi désigné 37bis) ou d'une coque renforcée (37 A/3).

La variante 37GR (Grand Raid), fut un unique modèle converti depuis le prototype 37C, spécialement conçu pour les vols sur longue distance. Cet avion fut employé par le lieutenant de vaisseau René Cyprien Guilbaud (1890-1928), lors d'une tentative de liaison tentée en 1926 et début 1927, à travers l'Afrique, vers Madagascar. Le départ fut effectué en octobre 1926, depuis l'étang de Berre, avec un hydravion Lioré et Olivier H-194, mais début janvier 1927, le moteur de cet appareil fut victime d'une avarie, et le pilote dut abandonner son voyage. Cependant, le retour fut effectué via le Soudan, l'Egypte, le Liban, la Turquie, Malte, et la Tunisie, avec l'hydravion CAMS 37GR, et le retour à Marseille, début mars 1927, constitué d'un parcours d'environ 14.000 miles (22.600 km), en 38 étapes et 240 heures de vol, fut effectué sans incident notable.

Le CAMS 37 fut graduellement retiré du service opérationnel au milieu et à la fin des années 1930, et au moment du début de la Deuxième Guerre mondiale, en septembre 1939, cet hydravion fut relégué à des missions d'entraînement et de communication. A la mobilisation, cependant des CAMS 37/11 furent encore employés pour assurer des patrouilles côtières, dans l'unique Escadrille 252, et le service fut poursuivi jusqu'en août 1940. Hors territoire métropolitain, les hydravions d'entraînement 37/11 furent utilisés dans une unité de la "France Libre" à Tahiti, jusqu'en janvier 1941, et dans les forces du Régime de Vichy, en Indochine, jusqu'en 1942.

Le paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique Ile-de-France, mis en service en juin 1927, fut le premier bateau à être équipé d'un hydravion postal. Sa rampe de lancement était située à l'arrière du navire, côté tribord, et permettait de catapulter l'appareil, à environ 650 km des côtes américaines ou françaises. Ce système permettait d'apporter le courrier des passagers, un jour avant l'arrivée du navire au port. Le premier vol avec un CAMS 37 (modèle spécialement préparé 37/10 à ailes repliables, numéro 46), fut effectué en août 1928, l'hydravion était alors admiré de tous les passagers, mais ce service postal, sans doute trop onéreux, fut abandonné par la suite. Des essais de catapultage avaient aussi été fait sur ce paquebot avec un hydravion Lioré et Olivier H-198 immatriculé F-AIQP, équipé d'un moteur Gnome-Rhône Jupiter de 420 ch.


Sources partielles : site web Wikipedia, L'Aéronautique Navale 1920-1939 - Avia Editions, et exposition sur l'Art déco et le paquebot Ile-de-France, Boulogne-Billancourt, 2020.

CAMS 37/2           
Moteurs(s)/Engine(s)   1 moteur à pistons de 450 ch                       Lorraine-Dietrich 12Ed Courlis                    
Envergure/Span 14,50 m    Longueur/Length 11.43 m    Hauteur/Height 4,04 m     Poids total/Weight 2.850 kg       
Vitesse/Speed 175 km/h             Plafond/Ceiling 4.500 m    Autonomie/Range 1.200 km       


Retour à la page d'accueil Retour page d'accueil/return to the home page Retour à la page aviation Retour partie aviation/return to the airplane part IndexTable des matièresAvions militaires 1919-1939Avions militaires 1919-1939