Deperdussin-Coupe schneider

Deperdussin T

Dewoitine-D.333

Vue d'un Deperdussin Type TT, modèle concours militaire de 1911 Vue d'un Deperdussin monoplan Type TT, modèle biplace concours militaire, Reims-Bétheny, septembre 1911.

La compagnie portant le nom de son fondateur, Armand Deperdussin (1870-1924), fut d'abord nommée, en 1911, Aéroplanes Deperdussin, puis devint, en 1912, la Société de Production des Aéroplanes Deperdussin. Deperdussin avait travaillé dans sa jeunesse dans le spectacle (aboyeur pour le compte des frères Lumière), avait voyagé (Liège, Bruxelles), puis avait réussi dans les affaires, en travaillant comme courtier en soieries.

Montrant de l'intérêt pour de nombreux domaines, et fasciné par l'aviation naissante, il acheta en 1908, une usine (partie avions, et bureaux) située rue des Entrepreneurs, quartier Grenelle, Paris, en acheta une autre située à Juvisy-sur-Orge (partie constructions navales, canots automobiles), et établit des hangars et une école de pilotage à Courcy-Bétheny (près de Reims). D'autres écoles furent créées à Pau, à Ambérieu (dans l'Ain), à Bordeaux, à Etampes, et à Brooklands (près de Weybridge, Surrey). L'homme d'affaires avait également une clinique médicale, rue de Turin, à Paris, et vivant richement, fut propriétaire de plusieurs châteaux situés dans l'Aisne et l'Indre-et-Loire. La compagnie Deperdussin fit faillite en août 1913, et son fondateur fut arrêté le même mois et accusé de faux (achats fictifs), escroquerie et abus de confiance, plainte déposée par la banque Comptoir Industriel et Colonial. Après quatre années de prison préventive, Deperdussin et son épouse furent jugés fin mars 1917 devant les Assises de la Seine, l'acte d'accusation reprochant à l'accusé d'avoir abusé de sa position pour détourner d'énormes sommes d'argent à son profit. Armand Deperdussin fut finalement condamné à quatre ans de prison avec sursis, malgré le soutien de plusieurs de ses anciens pilotes (adjudant Védrines, lieutenant Gilbert) venus témoigner, en pleine guerre, en sa faveur. Sa compagnie fut reprise début août 1914 par Louis Blériot, sous le sigle SPAD (Société pour les avions Deperdussin, puis Société Pour l'Aviation et ses Dérivés). Libéré en 1917, après quatre ans de préventive, ayant divorcé en 1922, l'industriel, vieilli et éloigné des affaires, vécut simplement, jusqu'à son suicide, dans une modeste chambre d'hôtel, début juin 1924 (il avait alors 64 ans).

Pour concevoir ses avions, Deperdussin avait su s'entourer d'une brillante équipe comprenant, en particulier, le directeur technique Louis Béchereau (1880-1970). Le premier appareil de la marque, qui ne fut pas une réussite, fut un plan canard de huit mètres d'envergure (De Feurre-Deperdussin dont le modèle 2 fut exposé au magasin Le Bon Marché, pendant la période de Noël 1909). L'avion suivant fut un monoplan à hélice tractrice et à aile médiane présenté en 1910, le Deperdussin A (Type A). Ce modèle fut un succès, et fut à l'origine d'une série d'appareils étroitement apparentés. Le Type B, apparu en 1911, avait une structure plus légère et était doté d'un moteur de 50 ch. Il fut également construit en version biplace équipée d'un moteur de 100 ch.

Le monoplan d'origine, et son proche dérivé qui avait suivi, le Type B, conduits par des pilotes comme George Busson, René Vidart, Maurice Prévost ou James Valentine, obtinrent de beaux succès dans plusieurs courses ou compétitions (Circuit Européen, en juin 1911, course Paris-Rome, en 1911, course aérienne Daily Mail Circuit of Britain, en 1911, records de vitesse). Ce dernier modèle fut décliné en une version civile et une version militaire. Cette dernière variante fut présentée au concours militaire de septembre 1911 qui se déroulait à Reims-Bétheny, et était organisé par le général Pierre Auguste Roques, et fut également soumise à des essais en Grande Bretagne. Les évaluations furent favorables, et en 1912, un certain nombre de ces machines furent commandées par les autorités militaires françaises et britanniques.

La version militaire du Type B fut désignée Deperdussin TT (ou Type TT). Doté de moteurs Anzani ou rotatif Gnome, elle existait en version monoplace à moteur de 50 ch, en version biplace dotée d'un moteur de 70 ch, ou encore en variante triplace à moteur de 100 ch. Destiné à la formation, l'observation, et la reconnaissane, ce monoplan à aile médiane, de construction bois avec revêtement entoilé, fut utilisé pendant une courte période dans les forces aériennes françaises. Quelques machines, équipées de flotteurs, furent aussi employées par le R.F.C. (Royal Flying Corps). Egalement, l'appareil connut un certain succès à l'exportation, il fut construit sous licence en Russie, par Lebed, et en Angleterre, par la filiale locale de Deperdussin. Quelques avions furent équipés d'une mitrailleuse Hotchkiss montée en position élevée afin de tirer au-dessus de l'hélice, et manoeuvrée, en place avant, par l'observateur.

Les avions militaires Deperdussin furent utilisés en service actif pour la première fois, lors de la première guerre des Balkans qui dura d'octobre 1912 jusqu'à mai 1913 (les guerres balkaniques ou guerres des Balkans furent des conflits qui divisèrent les Balkans dans les années 1912 et 1913). Quelques appareils monoplaces (moteur de 25 ch) ou biplaces (moteur de 50 ch), autre appareil (moteur de 75 ch), furent employés en 1912, pour des vols de reconnaissance, par les Turcs.

En 1913, quelques avions militaires furent utilisés pour des missions de reconnaissance, par les forces gouvernementales de Victoriano Huerta, au cours de la révolution mexicaine (fin du régime Huerta en juillet 1914), et un Deperdussin fut également employé par les forces du révolutionnaire Pancho Villa. Début novembre 1915, un monoplan biplace Deperdussin (no 1378, pilote Flight Lieutenant R.J.J. Hope-Vere), fut lancé avec succès, depuis une rampe en bois montée sur le gaillard avant du croiseur léger anglais H.M.S. Aurora. Quelques avions furent aussi livrés en Belgique.

En France, les Deperdussin TT furent mis en service dans quelques escadrilles lors de la Première Guerre mondiale, par exemple l'escadrille D 4 (DEP 4) stationnée sur le terrain de Maubeuge à partir de janvier 1913 (toutes les machines T et TT de cette unité portaient un nom de baptême), ou l'escadrille D 6 créée avant la guerre, à Reims. Les machines de ce type participèrent aux premiers lâchers de bombes explosives et fléchettes Bon, entre 1914 et 1915. Egalement, pendant ce conflit, les monoplans russes furent utilisées sur le front russo-allemand jusqu'au milieu de 1916.


Tableau des versions des monoplans Deperdussin :
Modèle Année Emploi Moteur Caractéristiques
Deperdussin A 1910 Sport Anzani 35 ch ou Clerget 50 ch Monoplan à aile médiane.
Deperdussin B, concours militaire 1911 1911 Reconnaissance Gnome 50 ou 80 ch Monoplan à aile médiane.
Deperdussin C Monocoque 1912 Course Gnome 140 ch Monoplan à aile médiane. Fuselage monocoque.
Deperdussin Coupe Schneider 1913 Hydravion de course Gnome de 160 ch Monoplan à aile médiane dérivé du Monocoque Type D. Flotteurs.
Deperdussin TT 1911 Reconnaissance Gnome 80 ch Monoplan à aile médiane. Usage militaire.
Deperdussin T 1912 Reconnaissance   Monoplan à aile médiane. Usage militaire.

- En complément, publicité pour les aéroplanes Deperdussin publiée dans le bulletin mensuel de l'Association Générale Aéronautique (A.G.Aé, Paris), paru en octobre 1912. Egalement autre publicité, avec l'établissement de Juvisy.
- Autre complément, vue d'une réplique d'un monoplan biplace Deperdussin T, en vol, et au roulage au sol. Immatriculation F-PDEP, décoration escadrille militaire D 4. Meeting Ferté-Alais 2018.


Source partielle : site web Wikipedia, et Gallica.

DEPERDUSSIN T       
Moteurs(s)/Engine(s)   1 moteur à pistons de 80 ch                        Gnome rotatif                                     
Envergure/Span 10,63 m    Longueur/Length 8,30 m     Hauteur/Height 2,70 m     Poids total/Weight 450 kg         
Vitesse/Speed 115 km/h             Plafond/Ceiling 2.000 m    Autonomie/Range                


Retour à la page d'accueil Retour page d'accueil/return to the home page Retour à la page aviation Retour partie aviation/return to the airplane part IndexTable des matièresAvions Guerre 1914-1918Avions Guerre 1914-1918