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Fusées Le Prieur

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Système de fusées Le Prieur monté sur un chasseur Nieuport (photo : Jane's fighting aircraft of World War I John W.R.Taylor) Système de fusées Le Prieur monté sur un chasseur Nieuport.

Ces armes furent conçues par le lieutenant de vaisseau Yves Le Prieur pour lutter en premier lieu contre les dirigeables Zeppelin qui survolaient Paris. Destinées ensuite à attaquer les ballons d'observation allemands, ces fusées incendiaires étaient fixées par quatre ou cinq à l'extérieur des mâts de voilure des biplans Nieuport ou Farman. Les supports et les ailes étaient protégées des flammes par un revêtement en amiante et aluminium, la mise à feu électrique s'effectuait à une centaine de mètres de la cible en attaquant en piqué et transversalement.

Dépourvus d'empennage, ces fusées prenaient une trajectoire peu précise, toutefois, elles furent employées avec succès lors de leur première mise en service en mai 1916, avant la première offensive française à Verdun. Au final, ces fusées, ancêtres des roquettes furent remplacées par des balles incendiaires plus faciles à mettre en oeuvre.

Autres inventions :
Il semblerait que les essais effectuées depuis novembre 1917 par l'équipe du lieutenant de vaisseau Antoine Destrem (alors commandant du centre d'essais de matériel de Lorient) sur, en particulier la fabrication et le vieillissement d'un nouveau contre-plaqué destiné aux coques des hydravions (remplacement du bouleau d'origine russe devenu difficile à obtenir suite à la révolution, par un revêtement en okoumé en couche externe et peuplier en couche interne, et essais sur le Donnet-Denhaut DD 1153) aient été interrompus au printemps 1918, à la demande du lieutenant de vaisseau Yves Le Prieur, afin de procéder à des essais, à Lorient, d'un silencieux pour moteur adaptable à l'hydravion Donnet-Denhaut. L'un des problèmes des aviateurs était en effet d'être en mesure d'attaquer les sous-marins lorsque ces derniers étaient surpris en surface, avant que leur appareil ne soit repéré par les observateurs allemands. Le bruit du moteur trahissait le plus souvent la présence de l'avion, alors que les manoeuvres du pilote pour placer sa machine dans la soleil auraient pu lui permettre d'attaquer dans les conditions les plus favorables. Cette invention mise au point par Le Prieur, en compagnie de l'ingénieur Brizon, semble pourtant ne pas avoir connu de développements ultérieurs importants.

Yves Le Prieur, qui avait été breveté pilote l'année précédente, était déjà à cette époque un inventeur respecté. Né à Lorient le 23 mars 1885, entré à l'école navale en octobre 1905, c'est lui, qui en décembre 1909, avait été le premier à faire voler un aéroplane en Extrême-Orient, alors qu'il était enseigne de vaisseau en poste à l'ambassade de France à Tokyo (un planeur à structure de bambou et revêtement entoilé construit sur un plan des frères Voisin). En août 1914, Le Prieur était affecté à l'état-major de la Marine, au service d'étude, ou un atelier et une planche à dessin furent mis à sa disposition. Parmi les inventions qu'il développa au cours des années qui suivirent, on peut citer le correcteur de tir pour mitrailleuses d'aviation, la guirlande de dix mines destinée à être lâchée par les patrouilleurs sur les sous-marins en plongée, et les bombes à flotteurs. Ses recherches portèrent également sur un scaphandre autonome de plongée sous-marine, on lui doit également l'invention, avec l'aide du lieutenant de vaisseau Giraud, de la grenade sous-marine, réglée pour exploser à la profondeur voulue, et bien entendu, la fusée anti-Drachen (ballons captifs allemands) qui lui valent encore aujourd'hui une bonne partie de sa notoriété.


Source partielle : La Guerre sous-marine en Bretagne - 1914-1918 - Thierry Le Roy.

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