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Koechlin monoplan

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Vue d'un Koechlin monoplan (photo : Gallica - Les Aéroplanes de 1911 - Raymond de Gaston) Vue d'un Koechlin monoplan.

Paul Koechlin (1881-1916) était membre d'une famille d'industriels alsaciens alliée à la famille Peugeot. Son père, Albert Koechlin était manufacturier d'une filature de laine peignée à Mulhouse.

Paul Koechlin fut un industriel dans le domaine de l'aéronautique dans les années aux environs de 1910. La production de son usine située à Billancourt, Seine, fut orientée vers des hélices, des accessoires, des travaux en tous genres pour des inventeurs, mais elle concerna également la fabrication d'avions. Parmi ces aéroplanes, on peut citer un biplan de 1918 assez particulier, doté d'un moteur bicylindre Dutheil-Chalmers de 17 ch. Ce modèle fut suivi, en 1910, d'un monoplan de forme plus classique, doté d'un moteur Grégoire Gyp. Un autre modèle fut un biplan conçu en 1908, en collaboration avec Alfred de Pischof. Cet aéroplane doté d'un moteur Dutheil-Chalmers de 20 ch avait la particularité d'avoir deux plans d'aile principaux implantés en tandem, l'un situé de manière usuelle à l'avant, l'autre étant positionné au niveau du poste de pilotage.

Koechlin ouvrit également une école de pilotage à Mourmelon, camp de Châlons. Dans ce centre, les élèves pouvaient obtenir à la fin de leur formation, une licence de pilote privé. C'est dans cette école et sur un avion Koechlin, que Marthe Niel, de son vrai nom Marie Ange Denieul (1878-1928), aviatrice pionnière française, obtint son brevet de pilote (n° 226) de l'Aéro-Club de France, en septembre 1910. La première femme brevetée (n° 36, biplan Voisin, mars 1910) en France avait été Elise Léontine Deroche (1882-1919), connue sous le pseudonyme de baronne Raymonde de Laroche. Marthe Niel participa à de nombreuses compétitions en 1910-1911, Grande Semaine d'aviation de la Champagne, juillet 1910, Dijon, septembre 1910, Bruxelles (Stockel), juillet/août 1910, Périgueux, avril 1911, Gaillac, mai 1911, Tulle, fin juillet 1911, et Ussel, début août 1911. Raymonde de Laroche participa également à de nombreux meetings, ces mêmes années, Héliopolis, Egypte, février 1910, Saint-Pétersbourg, mai 1910, Tours, mai 1910, Budapest, juin 1910, Rouen, juin 1910, mais elle fut grièvement blessée avec son appareil Voisin, lors de la Grande Semaine d'aviation de la Champagne, tenue en juillet 1910. Elise Deroche vola de nouveau en 1911. En septembre 1912, elle sortit indemne d'un accident d'automobile, dans lequel son ami Charles Voisin fut tué. En novembre 1913, avec un biplan Farman, elle fut la gagnante de la Coupe Femina disputée à Mourmelon. Elle ne put participer comme pilote à la Première Guerre mondiale, et se spécialisa, après le conflit, dans des vols en altitude avec un Caudron G.3. Elle atteignit en juin 1919, une altitude de 3.900 m, puis monta jusqu'à 4.800 m. Finalement, elle décéda dans un accident, ainsi que le pilote Barrau (Barrault ?), en juillet 1919, au cours d'un vol d'entraînement au Crotoy avec un prototype biplan Caudron.

Koechlin avait offert un monoplan du type illustré au ministère de la Guerre, et l'avis autorisé du lieutenant-colonel Bouttieaux avait attiré l'attention du monde aéronautique sur cet intéressant appareil. Le militaire était à la tête d'une Direction du matériel aéronautique militaire établie à Meudon-Chalais, chargée de l'étude et de la constitution du matériel de guerre (recherches, construction, achats et réception, entretiens), ainsi que des recherches sur l'aéronautique en général. Cette Direction regroupait un Etablissement central du matériel aéronautique militaire et un laboratoire d'aéronautique militaire.

Le monoplan Koechlin était considéré comme assez sûr, du fait de sa structure, et réputé facile à piloter. C'était un avion avec un moteur en port à faux entraînant une hélice bipale en bois, avec des ailes également placées assez vers l'avant. Les possibles mouvements pendulaires longitudinaux avaient été réduits grâce à des plans d'une surface importante au niveau de l'emplanture, une bonne longueur de fuselage, et un empennage d'une surface suffisante. Le fuselage de forme pyramidale était formé d'une structure en bois légère et rigide, couverte d'un plaquage de bois très serré, soigneusement poncé et verni. Les ailes étaient basées sur une structure métallique et des nervures flexibles en bois, l'ensemble étant couvert d'un toile caoutchoutée très résistante. Elles étaient maintenues rigides par six paires de haubans reliés à des potelets en partie supérieure, et par également six paires de haubans reliés au cadre amortisseur en partie basse. Le train d'atterrissage était classique, avec un train principal monté sur un châssis élastique construit en bois et métal, et muni d'un patin destiné à éviter un retournement et protéger l'hélice, complété d'une roulette de queue. L'appareil était doté d'ailerons situés aux extrémités des ailes, système plus efficace que le gauchissement des plans. L'hélice en bois taillée dans la masse, avait un diamètre de 2,50 m, elle était entraînée à un régime de 1.400 tr/min par un moteur Grégoire Gyp, quatre cylindres à refroidissement liquide.

Le poste de pilotage était placé au niveau du bord de fuite, en arrière du radiateur de refroidissement et du réservoir de carburant. Les commandes de vol étaient constituées d'un volant dirigeant par rotation la direction de l'appareil, et par déplacement longitudinal, les plans de profondeur de queue. Les ailerons étaient actionnés par déplacement instinctif du pilote, les câbles de commande étant reliés au siège.

Paul Koechlin vendit ses activités à Gaston Vinet en 1911. Marié en novembre 1915 à Marthe Niel, il décéda pendant la Première Guerre mondiale, en août 1916, durant la bataille de la Somme.


- En complément, publicité pour les monoplans Koechlin, école de pilotage à Mourmelon, camp de Châlons, parue dans "Les Aéroplanes de 1911", 1913, Raymond de Gaston, et vue de la partie avant de l'appareil avec le train d'atterrissage principal monté sur cadre amortisseur, le moteur quatre cylindres en ligne Grégoire Gyp, et le patin destiné à éviter un retournement. Egalement, vue de la première machine construite par Paul Koechlin, vers l'année 1906, probablement avec l'aide d'Alfred de Pischof.

Source partielle : Gallica, "Les Aéroplanes de 1911", 1913, Raymond de Gaston.

KOECHLIN MONOPLAN   
Moteurs(s)/Engine(s)   1 moteur à pistons de 70 ch                        Grégoire Gyp                                      
Envergure/Span 9,00 m     Longueur/Length 8,50 m     Hauteur/Height            Poids total/Weight 320 kg         
Vitesse/Speed 70 km/h              Plafond/Ceiling            Autonomie/Range                


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