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Latham 47/02

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Préparatifs de départ du Latham 47/02 pour une mission de secours de l'Italia (photo : La Royale - Jean Randier) Le 16 juin 1928, à Caudebec-en-Caux, préparatifs de départ du Latham 47/02 pour une mission de secours du dirigeable 'Italia' du général Umberto Nobile.

L'histoire de cet hydravion est étroitement liée à l'aventure du dirigeable 'Italia' qui, en 1928 sous les ordres du général Nobile, tenta d'atteindre le pôle. Umberto Nobile était un ingénieur aéronautique de formation qui avait terminé la Première Guerre mondiale avec le grade de colonel. Esprit brillant, il avait ouvert une usine de dirigeables sans cesse perfectionnés et ses meilleurs modèles offraient un grand rayon d'action, de l'ordre de plusieurs milliers de kilomètres.

En 1926, la Norvège envisagea de monter une nouvelle expédition scientifique d'exploration des régions polaires et l'ingénieur italien fut contacté par le célèbre explorateur Amundsen pour la construction d'un dirigeable performant. Ce fut le raid du 'Norge', qui, parti de Norvège en mai 1926, survola le pôle Nord et continua sa route jusqu'en Alaska. Le succès fut total et la notoriété d'Amundsen et de Nobile devint planétaire.

Deux ans plus tard, en 1928, une nouvelle expédition au-dessus du pôle fut projetée. Un nouveau dirigeable de 18.500 m3, d'une longueur de 106 m, d'un diamètre de 18,38 m et d'une hauteur de 24,30 m fut mis en chantier. Equipé de trois moteurs de 240 CV, ce ballon nommé 'Italia' pouvait atteindre la vitesse de 100 km/h. L'expédition reçut le soutien du gouvernement italien, du ministère de l'Air, de la Marine italienne, de la Société Royale de Géographie et de la ville de Milan. De son coté, le ministre des communications envoya le navire Citta Di Milano, ordinairement utilisé comme poseur de câbles sous-marins à la baie du Roi, au Spitzberg pour servir de soutien. Sur place, le dirigeable pouvait disposer du hangar et la base construite pour le 'Norge' auparavant. Le but de la mission était de plusieurs ordres, à la fois géographique, océanographique et magnétique.

Parti début mai de Milan, l'aéronef gagna la base de la baie du Roi, au Spitzberg après deux escales. Le 23 mai 1928, il décolla avec une quinzaine d'hommes à bord, survola le pôle Nord le lendemain au petit matin mais, au retour, il fut pris dans une tempête, et le 25 mai dans la matinée, toucha la banquise. Sous le choc, une des nacelles fut perdue et neuf hommes furent projetés sur la banquise, tandis que le ballon, allégé, s'éloigna dans le vent, emportant les six hommes restant à bord. Mais désemparé, il s'abattra définitivement sur la banquise et ni le ballon, ni les membres d'équipage ne furent retrouvés.

Les survivants, dont Nobile sérieusement blessé, s'organisèrent pour attendre du secours mais ils ne disposaient que de peu de vivres, de rudimentaires équipements et d'un poste émetteur radio. Leur SOS ne fut capté que huit jours plus tard par un radioamateur soviétique et les secours extérieurs purent alors s'organiser. Différents navires tentèrent de s'approcher des naufragés (les norvégiens Hobby et Braganza, les brise-glace soviétiques Krassine et Malygin) mais les conditions de navigation ne permettaient qu'une progression lente et il apparut que le seul moyen de sauver ces hommes dans un délai raisonnable était l'emploi d'un avion à grand rayon d'action. Fin mai, un groupe de trois hommes (Mariano, Zappi et Malmgren) décida de partir chercher des secours. Durant leur très difficile et lente progression vers la Terre du Nord-Est, le météorologiste Malmgren, blessé au bras, décédera d'épuisement et leur tentative échouera.

L'expédition polaire italienne était en détresse depuis déjà trois semaines lorsque les offres de service de plusieurs hydravions se précisèrent. De son coté, à la nouvelle du désastre et oubliant ses frictions avec Nobile lors de la campagne de 1926, Amundsen offrit son aide pour organiser une expédition de secours. Manquant de moyens, la Norvège, demanda officiellement l'aide de la France qui proposa le Pourquoi-Pas commandé par Charcot. Devant l'urgence des secours, cette offre fut refusée et les autorités pensèrent au prototype de l'hydravion 47 prévu pour une traversée de l'Atlantique sous l'autorité de René Cyprien Guilbaud. Ce modèle était dérivé du type 43, en service depuis 1926 et le deuxième prototype était une version civile. Ce plan fut accepté et Amundsen se proposa pour accompagner la mission française.

Après des modifications d'adaptation au froid, l'hydravion partit de Caudebec le 16 juin en direction de Bergen ou il arriva le soir. Le lendemain, l'équipage fut complété d'Amundsen et du pilote spécialiste des régions polaires L.V. Dietrichson, et l'appareil rejoignit Tromsö, 1.200 km plus au nord. Le 18, les conditions climatiques étaient difficiles, mais l'hydravion lourdement chargé put décoller vers le Spitzberg en profitant d'une éclaircie. Au cours de cette mission, l'appareil sera perdu ainsi que tous les hommes à son bord, seul le flotteur bâbord et deux réservoirs d'essence furent retrouvés plus tard confirmant ainsi la thèse de la dislocation de l'hydravion et de son naufrage. Probablement victime d'un ennui mécanique majeur, le Latham tenta d'amerrir mais la manoeuvre se passa mal et l'hydravion, sérieusement endommagé fut dans l'impossibilité de repartir malgré les tentatives de remise en état des moteurs. Pris dans le mauvais temps, qui s'était levé à nouveau, ses batteries vides et les réserves de nourriture épuisées, l'hydravion finit par se disloquer et couler.

Ce ne fut que plus de deux mois après leur début de leur voyage qu'un pilote norvégien, Emar Poal Lundborg localisera les survivants de l'Italia et arrivera à se poser à proximité de leur campement. Seul à pouvoir aider à la recherche de son dirigeable, Nobile gravement blessé pourra partir avec l'avion de secours accompagné de sa chienne Titina. Malheureusement, au second voyage, l'avion sera accidenté à l'atterrissage et le pilote devint aussi prisonnier des glaces.

De son côté le brise-glace soviétique Krassine finit par repérer Mariano et Zappi, mais son hydravion fut obligé d'atterrir beaucoup plus loin, au cap Wrede et cassa un ski à l'atterrissage. Finalement, les deux isolés furent secourus par le navire le 12 juillet. Poursuivant sa route dans les glaces, il recueillera les cinq autres rescapés le 14. Il pourra ensuite retrouver son hydravion et son équipage au cap Wrede et regagnera la baie du Roi. Les rescapés y retrouvent le navire italien et Nobile.

Cette expédition suivie avec passion par la presse mondiale fut un drame pour la Norvège avec la disparition d'Amundsen, héros des pôles. En France, le public s'était enthousiasmé pour la tentative de Guilbaud et sa disparition fut une cruelle issue à son voyage. Umberto Nobile fut l'objet de vives critiques à propos de son comportement lors des secours et fut blâmé, puis dégradé par le gouvernement fasciste italien qui supportait mal l'échec de l'Italia. En 1931, fut érigé à Caudebec-en-Caux un monument à la mémoire du Latham 47 et de son équipage.



LATHAM 47/02        
Moteurs(s)/Engine(s)   2 moteurs à pistons de 520 CV                      Farman                                            
Envergure/Span 25,20 m    Longueur/Length 16,30 m    Hauteur/Height 5,20 m     Poids total/Weight 7.500 kg       
Vitesse/Speed                      Plafond/Ceiling            Autonomie/Range 5.000 km  


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