Westland-Limousine iii

Westland Lysander

Westland-Wapiti

Vue d'un Lysander Vue d'un avion de liaison et d'observation Westland Lysander.

Le Lysander était un avion militaire de liaison et d'observation conçu pour décoller et se poser très court sur des terrains non préparés. Largement utilisé pendant la Deuxième Guerre mondiale, notamment en France les premiers mois du conflit (ce fut le dernier avion anglais à quitter la zone de Dunkerque), en Egypte et en Grèce, il fut construit à plus de 1.360 exemplaires. Le nom de cet appareil, dans la tradition de la R.A.F. de nommer les avions de cette catégorie à partir de héros de l'Antiquité, était celui de l'amiral de Sparte Lysander (Lysandre) qui avait battu la flotte athénienne en 405 avant Jésus-Christ.

Issu de la spécification A.39/34 pour un avion biplace militaire de coopération, le Westland Lysander fut destiné à jouer un rôle loin d'être passif dans la guerre qui s'annonçait, et il attira l'attention sur ses capacités, dès novembre 1939, quand une machine de ce type abattit un bombardier Heinkel 111, au-dessus de la France. Le premier des deux prototypes (K 6127, deuxième prototype K 6128) vola pour la première fois en juin 1936, et le mois de septembre suivant, la R.A.F. passa une commande pour environ 140 avions répondant à la spécification 36/36. Les premières livraisons furent effectuées, dans le Squadron No. 16, à Old Sarum (près de Salisbury, Wiltshire), à partir de juin 1938, et début septembre 1939, la R.A.F. avait en charge 68 Lysander Mk. I, et 195 Mk. II. Finalement environ 170 Mk. I, et environ 440 Mk. II furent fabriqués.

Ces modèles différaient principalement par leur motorisation, le Mk. I étant doté d'un moteur en étoile Bristol Mercury XII de 890 ch, alors que le Mk. II était équipé d'un Perseus XII de 905 ch. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la production fut continuée avec les types Mk. III (environ 265 exemplaires construits) et IIIA (environ 475 exemplaires fabriqués), et parmi ces avions de nombreux furent produits, ou convertis ultérieurement en remorqueurs de cible.

Cependant, le Lysander (surnommé Lizzie par ses pilotes) servit avec efficacité dans des missions plus valorisantes que ces dernières, notamment dans des missions de sauvetage, de dépose ou de récupération d'agents, ou de livraison de matériel. Dans ce rôle, la capacité de voler à faible vitesse (décrochage à environ 95 km/h), et les remarquables caractéristiques STOL (Short Take Off and Landing) donnait au Lysander des performances uniques, spécialement pour atterrir ou décoller depuis de petits terrains, ou des routes en Europe occupée. A partir de 1941, cet avion fut le favori des services spéciaux britanniques (SOE, Special Operations Executive), pour les liaisons avec la Résistance en France, avec le dépôt et la récupération d'agents jusqu'au centre du pays.

Le Lysander pouvait emporter jusqu'à six petites bombes attachées sur les carénages des roues du train principal, et toutes les variantes, à l'exception du Mk. IIIA furent dotées d'une ou de deux mitrailleuse(s) orientable(s) Lewis ou Browning de calibre 7,7 mm logée(s) dans le cockpit arrière. Suivant les versions, des armes de même type pouvaient être montées dans le bas des jambes du train principal, et des essais de montage de deux canons de 20 mm destinés à l'attaque au sol, ainsi que d'une tourelle quadruple Boulton and Paul, furent effectuée en 1939. D'autres versions expérimentales furent le Steiger-wing P 9105, issu d'un Mk. II modifié, et une machine (Tandem Wing) à fuselage court et ailes modifiées (plans de type Delanne, avec une aile arrière de grande taille), produite en 1941, en modifiant le premier prototype.

La production du Lysander, à l'usine Westland de Yeovil, Somerset, fut arrêtée en janvier 1942, mais la production de 75 Mk. I, et de 250 Mk. III supplémentaires fut effectuée au Canada, par National Steel Car Corporation, Malton, Ontario. Des Lysander furent fournis à l'Egypte (vingt exemplaires), l'Eire (six ex.), la Finlande (neuf ex.), et à la Turquie (26 ex), et d'autres furent utilisés par les Forces Françaises Libres, et par diverses forces aériennes des pays du Commonwealth.

Le Lysander était de construction métallique avec un revêtement entoilé, la partie avant du fuselage étant en tubes de Duralumin joints par des cornières et des plaques, et la partie arrière était basée sur un treillis de tubes d'acier inoxydable. Les plaques et les supports étaient obtenus par extrusion, plutôt que formés à partir de tôle d'acier (ce mode de production ne put être repris sur les machines canadiennes, par manque d'une machine d'une taille suffisante). Le longeron avant et les mâts renforçant les ailes étaient obtenus selon le même procédé. Les plans étaient entoilés et pouvaient donner une apparence d'aile de mouette, mais les longerons étaient droits. Malgré son apparence, cet appareil était évolué sur le plan aérodynamique, il était doté de becs situés sur la totalité du bord d'attaque, et de volets à fente. Les becs étaient en deux parties, la partie externe était couplée avec les ailerons, de manière à améliorer le contrôle latéral à de grandes incidences et à de faible vitesse, tandis que la partie la plus proche du fuselage était couplée avec les volets, de manière à augmenter la surface des ailes à faible vitesse, afin d'augmenter la stabilité et l'efficacité. Ces commandes étaient entièrement automatiques de manière à alléger la charge du pilote. Le plan horizontal de queue était réglable en vol, avec une amplitude de quatorze degrés.


Source partielle : Bombers 1939-1945 - Kenneth Munson.

LYSANDER ASR IIIA   
Moteurs(s)/Engine(s)   1 moteur à pistons de 870 ch                       Bristol Mercury 30                                
Envergure/Span 15,24 m    Longueur/Length 9,30 m     Hauteur/Height 4,42 m     Poids total/Weight 2.865 kg       
Vitesse/Speed 340 km/h à 1525 m    Plafond/Ceiling 6.550 m    Autonomie/Range 805 km         


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