Nieuport-11 (bébé nieuport)

Nieuport 17

Nieuport-24

Vue d'un Nieuport 17 (origine : Les Avions des origines à la Première Guerre mondiale - Enzo Angelucci/Paolo Matricardi) Vue d'un chasseur biplan Nieuport 17. Ecusson personnel de Charles Nungesser (une tête de mort aux tibias entrecroisés, surmontée par un cercueil entouré de deux chandeliers, le tout dessiné dans un coeur noir). Vue agrandie, Nieuport 17bis portant la même décoration.

Le Nieuport 17, conçu par Gustave Delage, conservait la forme sesquiplan et le moteur rotatif Le Rhône de 110 ch utilisé sur le Nieuport 16, et différait principalement des chasseurs Nieuport plus anciens, en ayant des ailes d'une envergure et d'une surface plus importantes. C'est pourquoi il fut souvent appelé 15, ou 15 mètres, ce qui était la surface métrique approximative de ses plans. L'unique longeron de l'aile basse du Nieuport 11 pouvait se tordre, lorsque l'avion effectuait un piqué ou des manoeuvres serrées, aussi un longeron plus solide et plus long fut monté sur le Nie.17, et la structure interne de l'appareil était également différente.

En service opérationnel, le Nieuport 17 devint l'un des meilleurs et l'un des plus populaires chasseurs de la Première Guerre mondiale, tout autant pour des qualités de vol, que pour sa capacité au combat. Dans des temps ou les meilleurs pilotes de chasse pouvaient virtuellement choisir leur avion personnel, des As anglais comme Albert Ball, William Avery Bishop (canadien), et français comme Maurice Boyau, Georges Guynemer, Charles Nungesser, René Fonck et Jean Navarre, furent de ceux qui volèrent sur le compact chasseur Nieuport et contribuèrent à sa renommée. La vue depuis le cockpit était très bonne, l'avion était solide et bien armé, excellent en combat rapproché, et suivant les mots du Commander Charles Rumney Samson du R.N.A.S. (Royal Naval Air Service), "il montait comme une sorcière". Le Nieuport acquit aussi une réputation, en tant qu'appareil d'attaque de ballons captifs d'observation ennemis, à l'aide de fusées Le Prieur montées sur les mâts d'entre plans.

Les premiers Nie.17 furent équipés au début, d'une mitrailleuse Lewis montée au-dessus du plan supérieur sur un support Foster (rail courbe à profil en I), mais par la suite, cette arme fut remplacée par une mitrailleuse synchronisée Vickers montée sur le capot moteur. Certains pilotes essayèrent de manière individuelle, de combiner les deux formules, certains gardant une arme d'aile en plus de celle de capot, d'autres équipant leur machine de deux mitrailleuses jumelles, mais ces montages ne furent pas jugés valables, car trop pénalisants côté performances.

La première unité à recevoir le Nieuport 17 fut l'Escadrille N.57, début mai 1916. Par la suite, d'autres escadrilles comme les N.3 "Les Cigognes", N.38, N.55, N.65, et N.103 furent dotées de ce chasseur. Les Nie.17 britanniques rejoignirent leurs camarades français en service en quelques semaines, et furent employés ultérieurement dans les Squadrons Nos. 1, 2, 3, 6, 8, 9, 10, et 11 du R.N.A.S., et dans les Squadrons Nos. 1, 29, 32, 40, et 60 du R.F.C., (Royal Flying Corps), sur le front Ouest. Le modèle fut aussi employé par le R.F.C. en Macédoine.

Le nombre de ce machines en service côté britannique fut indéterminé. Seulement environ 90 numéros de série répertoriés (tous concernant des avions du R.F.C.), furent appliqués spécifiquement à des Nieuport 17, mais ce n'était clairement qu'une partie du total global. D'autres autorités estimèrent à environ 530, le nombre de Nieuport 11 et 17 employés en service actif, par le R.N.A.S. et le R.F.C., la majorité pouvant être des Nie.17. Environ 150 Nieuport 17 furent construits sous licence, en Italie, par Macchi, le modèle fut aussi fabriqué et employé en Russie, une vingtaine d'exemplaires furent fournis à la force aérienne des Pays-Bas en 1917, d'autres furent employés par la force aérienne belge, et quelques machines furent fournies à la Finlande. Environ 75 exemplaires furent achetés pour le compte de l'A.E.F. (American Expeditionary Force), pour être utilisés comme avions d'entraînement à la poursuite.

Le Nieuport 17 montra, entre autres, ses capacités lors des batailles de la Somme et de l'Isonzo (rivière du nord-est de l'Italie qui constituait une ligne de front dont Trieste était l'enjeu), en luttant contre les monoplans Fokker E, les Halberstadt D.II et même les Albatros D.I. En août 1917, il restait encore environ 320 Nieuport 17 en service en première ligne en France. Ce modèle fut remplacé par le Hanriot et les Spad VII et XIII. En Italie, il fut largement employé jusqu'à l'automne 1917, dans des missions d'escorte et d'interception.

Les appareils de fin de production dotés d'un rotatif Clerget 9B de 130 ch, furent désignés Nieuport 17bis. Le Nieuport 21 fut une variante biplace dotée d'un moteur Le Rhône de 80 ch, destinée à la formation. Un peu moins de 200 exemplaires de ce modèle furent vendus aux Etats-Unis en 1917-1918. Le Nieuport 23, construit pour un usage dans les forces françaises, britanniques, et américaines, était doté d'un fuselage d'une forme améliorée, ses plans de queue étaient identiques à ceux qui furent montés plus tard sur le Nieuport 28, et ce modèle servit aussi de base au Nieuport 24. Quelques Nieuport 17 furent vendus après la guerre, pour équiper les Fliegertruppen suisses, et des versions biplaces furent achetées par des pilotes sportifs ou privés, pendant la période de paix.

Le succès des chasseurs Nieuport, et en particulier celui du Nieuport 17, fut maintenu même contre des chasseurs théoriquement supérieurs, comme l'Albatros D.I et les premiers chasseurs Halberstadt, et une reconnaissance de leur qualité, fut que certains chasseurs allemands qui suivirent, furent conçus suivant les instructions, en tenant compte de certaines caractéristiques qui rendaient ces machines françaises si particulières. Un développement de ce type fut mené en partant de quelques exemplaires capturés intacts derrière les lignes ennemies, puis construit par la société Siemens-Schuckert, mais le modèle ne fut pas mis en service. Cependant, les mâts d'entre plans en V et d'autres spécificités importantes furent retenues lors de la conception des Albatros D.III et D.IV.


Source partielle : Fighters 1914-1919 - Kenneth Munson.

NIEUPORT 17C.1      
Moteurs(s)/Engine(s)   1 moteur à pistons de 110 ch                       Le Rhône rotatif 9J                               
Envergure/Span 8,22 m     Longueur/Length 5,74 m     Hauteur/Height 2,33 m     Poids total/Weight 565 kg         
Vitesse/Speed 180 km/h à 2000 m    Plafond/Ceiling 5.300 m    Autonomie/Range 2 heures       


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