Salmson-7a

Salmson P9

Snecma-Escopette

Vue d'un moteur Salmson P9 (photo : Le Patrimoine de l'aviation française - Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget) Moteur Salmson (Canton-Unné), Type P9, 9 cylindres à refroidissement liquide (1915).

Les moteurs Salmson furent conçus à l'origine, par Georges Marius Henri-Georges Canton et Pierre Unné, deux ingénieurs suisses qui furent engagés par Henri Salmson (1858-1917), un industriel qui produisait alors de solides pompes à eau. Les deux ingénieurs proposèrent à l'industriel de construire un moteur destiné à l'aviation, puissant (50 CV) et léger (55 kg) dont ils avaient breveté les plans et construit un prototype en 1908.

Le premier moteur, Type A, fut présenté en novembre 1910. C'était un petit propulseur compact comportant deux groupes de sept cylindres en barillet sans vilebrequin, les bielles attaquant directement un plateau basculant. D'une cylindrée de 7,7 litres, ce moteur développait 50 CV pour un poids de 55 kg. Le Type B construit en février 1911 pouvait fournir 55 CV, par augmentation du régime qui passait de 900 à 1.100 tr/min. Le Type C présenté en 1911, était un moteur d'une puissance de 60 CV pour un poids de 75 kg toujours basé sur le principe du barillet (sans vilebrequin) mais avec un boisseau rotatif comme dispositif d'admission. Le Type D de même caractéristiques pouvait fournir 65 CV par augmentation du régime.

Ensuite Canton et Unné utilisèrent neuf cylindres à la place de sept, tout en conservant le principe de base pour le Type E de 65 CV, moteur exposé au Salon de 1911-1912. Le dernier moteur de cette série de forme allongée (ce qui lui valu d'être parfois appelée obus) fut le Type K de 1913 pouvant fournir 85 CV. Malheureusement, ces moteurs avaient une faible longévité, due aux frottements engendrés par les bielles sur le plateau qui provoquaient un échauffement indésirable.

Se tournant vers un modèle plus classique, les ingénieurs suisses proposèrent, l'été 1911, un sept cylindres en étoile à refroidissement liquide d'une cylindrée de onze litres pouvant fournir 80 CV, puissance poussée, quelques mois plus tard, à 100 CV par augmentation du régime. Un neuf cylindres de quatorze litres développant 110 CV et pouvant être poussé jusqu'à 130 CV fut présenté la même année. Fut également présenté fin 1911, un troisième type, moteur 18 cylindres en double étoile d'une cylindrée de trente litres développant 280 CV à 1.200 tr/min. Ce propulseur dont la puissance espérée pouvait atteindre 300 CV fut présenté de façon statique à la 3ième Exposition internationale de la Locomotion Aérienne (Salon de l'aéronautique) de 1911-1912.

La saison sportive 1913 fut une grande réussite pour le constructeur installé depuis fin 1912 à Billancourt. En avril à Monaco, les rapides hydravions monocoques Deperdussin Hydrocorsa à moteur Gnone gagnèrent les épreuves de vitesse, mais les machines équipées de moteur Salmson remportèrent toutes les épreuves de fond. Louis Gaubert sur un biplan Maurice Farman doté d'un 14 cylindes 2M7 prototype de 200 CV remporta le premier prix de l'International Sporting Club de Monaco, et René Moineau sur un biplan Breguet H-U3 à flotteur central type Tellier et moteur de 200 CV remporta, malgré un parcours incomplet, la course Monaco à Monaco par Beaulieu et San-Remo (vitesse moyenne 175 km/h) devant Henri Brégi sur biplan Breguet H-U2 à double flotteurs et moteur M7 de 115 CV.

Lors du meeting d'hydravions de Deauville en août 1913, trois Breguet furent engagés, deux H-U3 à moteurs Salmson de 200 CV pour Moineau et Brégi et un H-U2 à moteur Salmson de 115 CV pour de Montalent. L'épreuve comprenait une course Paris-Deauville, 200 km le long des boucles de la Seine puis diverses épreuves, certaines sur terre et d'autres pour hydravions, sur mer. La course depuis Paris fut gagnée par Georges Chemet (monoplan à flotteurs Borel-Odier, moteur 7 cylindres Gnome de 80 CV) devant François Molla (biplan à coque Lévêque, moteur 7 cylindres Gnome de 80 CV), elle fut aussi endeuillé par la chute, vers Rouen, de l'hydravion de de Montalent qui périt avec son mécanicien Métivier dans l'accident. A Deauville, Eugène Renaux et Louis Gaubert se partagèrent les 25.000 francs de l'épreuve d'endurance, François Molla remporta l'épreuve de vitesse moyenne sur 250 miles, René Moineau remporta l'épreuve de vitesse sur 100 miles et René Caudron le concours des avions de bord.

Afin de produire en série des propulseurs, la Société des moteurs Salmson fut creé début 1913, avec une usine implantée à Billancourt. Suite à la demande militaire massive durant la Première Guerre mondiale, la fabrication fut largement accrue, l'usine employant environ 4.000 personnes en mars 1917. Une seconde usine de moteurs et de magnétos fut ouverte en 1916 à Villeurbanne et une succursale fut ouverte à Moscou, Russie en janvier 1917. Au début du conflit, les moteurs Salmson équipaient des Voisin LA 3 et des Breguet U2 de reconnaissance. En 1916, une licence de fabrication fut cédée, en Grande Bretagne, à la firme Dudbridge Iron Works Limited, à Stroud, Gloucestershire (sous-traitant, Williams & Robinson Ltd. à Rugby). Durant le conflit 1914-1918 les moteurs Salmson furent encore montés sur des triplaces d'observation Farman HF.27, les prototypes des hydravions Short Seaplane 830 et en Russie sur le Lebed 12 et son successeur l'Anatra DS.

En 1916-1917, la maison Salmson fut sollicitée pour construire en sous-traitance de Lioré et Olivier, des pièces pour le biplan de reconnaissance anglais Sopwith Strutter. Fin 1916, un concours fut lancé afin de donner un successeur à cet appareil et c'est le projet de Salmson, basé sur l'expérience acquise avec le Strutter qui fut retenu. L'avion construit suite à ce concours fut le modèle 2A.2 qui fut une réussite. Equipé d'un nouveau moteur, type 9Z, d'une puissance de 250 CV, ce biplan biplace de reconnaissance et de bombardement fut largement employé en France et aussi, par l'armée italienne et les forces américaines. Une licence de fabrication fut aussi vendue au Japon, ou l'appareil fut construit par Kawasaki.

L'efficace moteur 9Z fut encore monté sur le triplan Voisin, le bombardier bimoteur Caudron C.23, les biplans Hanriot HD-3 et HD-9. Il équipait le prototype du grand bombardier britannique Vickers Vimy et le prototype du bombardier de nuit Farman F.60. Durant les derniers mois de l'année 1918, la production atteignait encore 700 moteurs par mois.

Après la Première Guerre mondiale, les commandes militaires furent fortement réduites et la compagnie Salmson s'orienta vers l'automobile, avec dans un premier temps, la construction de petits véhicules (cycle-cars). Ces véhicules furent également construits entre 1920 et 1927, en Angleterre, par la British Salmson Aero Engine Co. (bâtiments à Raynes Park 20) qui en engagea quelques modèles en compétition. La société Salmson, jusqu'à sa disparition en avril 1957, resta active dans les domaines de l'aviation (moteurs, accessoires), de l'automobile (voiturettes et voitures de luxe) et dans le domaine des pompes (eau, huile, essence).


Caractéristiques de ces modèles :
Modèle Type Date Alésage Course Cylindrée Taux de compression Puissance Poids Construction Montage
A 2 x 7 cylindres à barillet à refroidissement liquide 1908/1910 75 mm 125 mm 7,7 litres   50 CV à 900 tr/min 55 kg 1 exemplaire construit pour essais  
B 2 x 7 cylindres à barillet à refroidissement liquide 1911 75 mm 125 mm 7,7 litres   55 CV à 1.100 tr/min   1 exemplaire construit pour essais  
C 2 x 7 cylindres à barillet à refroidissement liquide 1911 85 mm 95 mm 8 litres   60 CV à 900 tr/min 75 kg 1 exemplaire construit. Soupapes d'admission rotatives  
D 2 x 7 cylindres à barillet à refroidissement liquide 1911 85 mm 95 mm 8 litres   65 CV à 1.100 tr/min   1 exemplaire construit. Soupapes d'admission rotatives  
E 2 x 9 cylindres à barillet à refroidissement liquide 1911 110 mm 130 mm 22 litres   65 CV   1 exemplaire construit. Soupapes à ouverture variable  
F 2 x 9 cylindres à barillet à refroidissement liquide 1911 110 mm 130 mm 22 litres   75 CV à 1.200 tr/min   1 exemplaire construit. Soupapes à ouverture variable  
K 2 x 7 cylindres à barillet à refroidissement liquide 1912 85 mm 105 mm 11 litres   85 CV à 1.200 tr/min   1 exemplaire construit. Soupapes d'admission automatiques  
A9 9 cylindres radial à refroidissement liquide 1912 122 mm 140 mm 14 litres   110 à 130 CV   30 exemplaires construits  
C9 9 cylindres radial à refroidissement liquide 1912 150 mm 180 mm 30 litres   300 CV   1 exemplaire construit pour essais  
M7 7 cylindres radial à refroidissement liquide 1913 122 mm 140 mm 11,5 litres   100 à 115 CV   50 exemplaires construits  
2M7 14 cylindres radial double étoile à refroidissement liquide 1913 122 mm 140 mm 23 litres   200 CV à 1.300 tr/min   300 construits en Grande Bretagne, 15 en France. Kennedy Giant, Short Admiralty type 166, Sopwith Bat Boat II, Sopwith type C, Sopwith type 860, Wight Navyplane (Wight Pusher Seaplane).
2A9 18 cylindres radial double étoile à refroidissement liquide 1913 122 mm 140 mm 30 litres   300 CV à 1.500 tr/min   1 exemplaire construit pour essais  
B9 9 cylindres radial à refroidissement liquide 1913 122 mm 140 mm 15 litres 5,16 : 1 140 CV   106 construits en Grande Bretagne, 300 en France. Short type 135, Short S.74 et 830, Voisin LA 5
M9 9 cylindres radial à refroidissement liquide 1914 122 mm 140 mm 15 litres   120 à 130 CV   500 construits en France  
P9 9 cylindres radial à refroidissement liquide 1915 122 mm 140 mm 14,73 litres 4,1 : 1 150 CV à 1.300 tr/min environ 300 kg. 300 construits en France, 300 construits en Russie. Voisin type LA 5, Farman HF.27
R9 9 cylindres radial à refroidissement liquide 1915 125 mm 140 mm 15,46 litres   160 CV à 1.300 tr/min   50 construits en France, 300 construits en Russie. Lebed 12, Anatra DS et prototype Salmson-Moineau (1917)
9Z 9 cylindres radial à refroidissement liquide 1917 125 mm 170 mm 18.7 litres   250 CV à 1.400 tr/min   3000 construits en France, environ 60 en Grande Bretagne Salmson 2A.2, Farman 60, Voisin Triplan, Hanriot RD3, Caudron C.23 et prototype du Vickers Vimy

- En complément, vue d'un moteur Salmson à barillet (revolver-barrel type) Type A de 50 CV exposé au Salon de Paris en 1910-1911 (photo l'Aérophile, revue aéronautique française fondée par Georges Besançon et publiée de 1893 à 1947).

Source partielle : site web Wikipedia.

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