Taylor-Aerocar

Tellier 1000 ch

Tellier-200 ch

Vue d'un hydravion Tellier 1000 ch (origine : L'aviation maritime française pendant la Grande Guerre - ARDHAN - Noël) Vue de la partie avant d'un hydravion biplan de surveillance côtière et bombardement Tellier 1000 ch. Ce grand appareil trimoteur doté d'un canon de calibre 75 mm vola pour la première fois en 1919.

A la fin de la Première Guerre mondiale, le plus gros appareil volant en France était un hydravion Tellier. Cet énorme biplan trimoteur, Tellier 1000 ch, répondait au programme de janvier 1918, pour un patrouilleur en haute mer capable de voler cinq heures, en emportant cinq membres d'équipage. Cet appareil était prévu pour embarquer un canon de calibre 75 mm, seule arme pouvant s'attaquer avec succès aux nouveaux sous-marins blindés que la marine impériale allemande avait récemment mis en service. Cette puissante arme posait de sérieux problèmes au constructeur, à cause de son recul qui atteignait un mètre, et produisait un effort de trois tonnes que l'affût, et surtout la coque ainsi que l'ensemble de la cellule devaient encaisser. L'éjection en vol des douilles était également un problème. L'armement complémentaire prévu était constitué de deux mitrailleuses défensives jumelées montées sur affût, et la charge emportée devait être composée de six bombes de 120 kg (type H, contenance 75 kg d'explosif).

Les essais concernant le canon et son utilisation furent effectués au sol par les services de l'Artillerie Navale qui apportèrent les réponses nécessaires. Alphonse Tellier effectua de son côté de multiples essais, en particulier de résistance des matériaux (bois), sur la coque à double redan, sollicitant ses propres ateliers, mais aussi Gabriel Voisin, et le laboratoire du Conservatoire National des Arts et Métiers.

Construit vraisemblablement à partir d'avril ou mai 1918, le prototype du Tellier 1000 ch vola (sans le canon et les munitions) pour la première fois en décembre 1918, mais ses moteurs étaient alors des Hispano-Suiza V-8 de 250 ch (un central doté d'une hélice bipale propulsive, et deux latéraux entrainant des hélices tractrices, également bipales), à la place des plus puissants Lorraine-Dietrich V-12 de 380 ch initialement prévus. A la suite, les essais furent poursuivis avec succès, en janvier 1919, sur la Seine, à Levallois.

Fin janvier, le grand biplan fut victime d'un retournement à la suite d'une manoeuvre de remorquage par l'arrière à vitesse excessive. Renfloué, l'hydravion fut réparé en usine, puis fut envoyé au printemps suivant à la C.E.P.A. (Commission d'Etudes Pratiques d'Aéronautique), à Saint-Raphaël, pour des essais officiels. En mai 1919, l'appareil dont la coque, peut-être encore humide, et alourdie par les renforts installés lors de sa remise en état, refusa de décoller. Ce n'est que plus tard, après le montage, en novembre 1919, de moteurs Lorraine-Dietrich entraînant des hélices quadripales, que l'avion put reprendre ses essais, courant du mois de décembre. Les essais furent satisfaisants, et seules quelques modifications mineures furent envisagées par Alphonse Tellier.

Dès les premiers mois de l'année 1920, le canon de 75 mm fut installé en partie avant de la coque de l'hydravion, et plusieurs tirs furent effectués de manière satisfaisante. En avril de la même année, le Tellier 1000 ch, muni de son canon, fut présenté lors du meeting aérien de Monaco, ou il rencontra un grand succès. Ultérieurement, le grand hydravion, débarrassé de son armement, demeura en service actif durant deux ans, dans ce qui devint plus tard l'escadrille de la C.E.P.A. (centre d'expérimentations pratiques et de réception de l'aéronautique navale, escadrille CEPA/10S, base de Hyères, près de Toulon). La trace de l'appareil fut perdue au-delà de l'année 1922, laissant penser à une réforme de la machine.

En août 1918, Alphonse Tellier, malade, céda la société qui portait son nom à Nieuport. Les ateliers installés Quai de Seine à Argenteuil et sur l'Ile de la Jatte devinrent la division marine de l'acheteur. Alphonse Tellier en restait le directeur technique à titre honorifique, tandis que l'ingénieur Robert Duhamel prenait la direction du bureau d'études situé à Issy-les-Moulineaux, ainsi que la responsabilité des produits Tellier, qui restèrent au catalogue de la firme jusqu'en 1923. Après l'abandon du projet du grand hydravion quadrimoteur transatlantique Vonna (connu aussi comme Nieuport 4R), Alphonse Tellier se retira pendant l'été 1919, à Grasse (Côte d'Azur), ville ou il décéda en février 1929.


Source partielle : L'aviation maritime française pendant la Grande Guerre - ARDHAN et site web Hydro rétro - Gérard Hartmann.
TELLIER 1000 CH     
Moteurs(s)/Engine(s)   3 moteurs à pistons de 380 ch                      Lorraine-Dietrich 12D                             
Envergure/Span 30,00 m    Longueur/Length 21,35 m    Hauteur/Height 5,90 m     Poids total/Weight 7.500 kg       
Vitesse/Speed 125 km/h             Plafond/Ceiling            Autonomie/Range                


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