Fairey-Seafox

Fairey Swordfish

Fairey-V.t.o. project

Vue d'un Swordfish (photo : Freddy Lauwers) Vue d'un biplan porteur de torpille Swordfish Mk. II. Immatriculation LS326, Coxyde (Koksijde), Belgique, juillet 1993.

Heureusement pour la Royal Navy, la perte du prototype du Fairey T.S.R.I (Torpedo-Spotter-Reconnaissance I), dans un accident survenu en septembre 1933, n'empêcha pas la firme Fairey Aviation Co. de poursuivre le développement, avec un deuxième, légèrement plus grand modèle, le T.S.R.II. Conçu comme son nom l'indiquait, pour le lancement de torpille, mais aussi pour des missions de bombardement, reconnaissance et repérage, le T.S.R. II (K 4190), effectua son premier vol en avril 1934, et fut le vrai prototype du futur Swordfish.

Les premiers exemplaires de production de ce biplan triplace (pilote, observateur et opérateur radio/mitrailleur, le poste central étant souvent remplacé par un réservoir auxiliaire), furent mis en service actif dans la Fleet Air Arm, à partir de juillet 1936, la première unité équipée étant le Squadron No. 825. L'appareil répondait à la spécification S.38/34, et était doté d'un moteur en étoile Pegasus IIIM.3 de 690 ch. Le Swordfish I pouvait emporter, sous le fuselage, une torpille de 1.610 livres (environ 730 kg), ou une charge en bombes équivalente, accrochée sous le fuselage et sous les ailes. L'armement offensif était une mitrailleuse fixe Vickers de calibre 7,7 mm montée sur la partie droite de la cellule, au-dessus du capot du moteur, et l'armement défensif était constitué d'un mitrailleuse orientable Lewis ou Vickers K de même calibre, montée dans le poste arrière.

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, treize escadrilles de la F.A.A. étaient équipées de cet appareil, un nombre qui fut presque doublé par la suite. Au début, ces avions furent employés largement pour escorter des convois ou des flottes, mais en avril 1940, la première attaque à la torpille majeure fut effectuée par des machines embarquées sur le H.M.S. Furious, durant la campagne de Norvège (tentative de libération de ce pays par les Alliés, début avril à juin 1940), et leur missions furent rapidement étendues au mouillage de mines. La réalisation la plus notable, fut l'attaque de navires de la marine italienne (opération Judgment), dans le port de Tarente (Pouilles, Italie du Sud), en novembre 1940. Au cours de cette attaque, trois cuirassés (Conte di Cavour, Littorio, et Caio Duilio), deux destroyers, un croiseur lourd (Trento), deux contre-torpilleurs (Libeccio et Pessagno), et d'autres bâtiments furent coulés, mis hors de combat, ou endommagés, la perte en Swordfish restant mineure. Ces bombardiers se distinguèrent également lors de la bataille du cap Matapan (sud du Péloponnèse), fin mars 1941, et en mai 1941 lors de l'attaque du cuirassé Bismarck dans l'Atlantique.

La variante suivante fut le Mk. II, qui fut présenté en 1943, et était doté d'ailes basses avec un revêtement métallique, lui permettant d'emporter des roquettes. Ultérieurement, ces avions furent équipés d'un moteur Pegasus XXX de 820 ch, et ce propulseur fut aussi monté sur la version Mk. III, identifiable grâce à son radar centimétrique ASV (Air to Surface Vessel) Mk. XI, logé dans un large compartiment sous la partie frontale du fuselage. Des Swordfish des trois types furent convertis en variante Mk. IV, dotée d'un cockpit fermé, et destinée à la Royal Canadian Air Force (R.C.A.F.). Un nombre substantiel de modèle Mk. I fut aussi converti en hydravion muni de deux flotteurs, pour un service à bord de navires de guerre équipés d'une rampe de lancement.

Le Swordfish fut en service actif presque jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, mais après la fin du conflit en Europe, il fut rapidement retiré, la dernière escadrille de la F.A.A. étant dissoute en mai 1945. Ce bombardier lanceur de torpille fut produit, en incluant le prototype T.S.R. II fut construit en environ 690 exemplaires par Fairey, et en environ 1.700 exemplaires par Blackburn. Le Swordfish, fut connu communément, par l'ensemble des personnes qui lui étaient associées, comme le Stringbag. Sa longue et réussie carrière, dépassant celle de l'appareil qui devait lui succéder, l'Albacore, montrèrent les excellentes qualités de vol du biplan, sa robuste construction, et sa remarquable adaptabilité.


Vue d'un Swordfish II (origine : Bombers 1939-1945 - Kenneth Munson) Vue d'un Fairey Swordfish II de la Fleet Air Arm, équipé de roquettes (juillet 1944).
Plans d'un Swordfish II (origine : Bombers 1939-1945 - Kenneth Munson)


Vue du cuirassé allemand Bismarck Vue du grand cuirassé allemand Bismarck coulé en mai 1941 dans l'Atlantique.

Mis en chantier début juillet 1936 par la société de construction navale basée sur l'Elbe à Hambourg Blohm und Voss, le Bismarck était l'un des plus gros cuirassé de l'époque (41.700 tonnes, 50.173 en pleine charge, 251 x 36 mètres, tirant d'eau 9,9 m, vitesse de 30 noeuds, quatre tourelles doubles de 380 mm et douze pièces de 140 mm). En 1941, il était, avec le Tirpitz et le Yamato, l'un des plus puissants navire de ligne du monde. Sa construction dura deux ans et demi, il fut mis à l'eau en février 1939, puis fut dirigé vers la Baltique pour un entraînement de huit mois qui précéda sa mise en service opérationnelle.

Comme le croiseur lourd Prinz Eugen, le Bismarck avait pour mission l'attaque des convois de ravitaillement à destination de l'Angleterre. Ces deux navires quittèrent le port de Gdynia (Pologne) le 18 mai 1941, ils atteignirent Bergen le 21 mai, puis gagnèrent l'Atlantique en contournant les îles britanniques et l'Islande par le nord. Prévenus par un croiseur suédois et décodant les communications cryptées du Bismarck et du Prinz Eugen, les Anglais se mirent en chasse dans l'Atlantique Nord en engageant le 22 mai au matin, depuis Scapa Flow (archipel des Orcades, nord-est de l'Ecosse), le croiseur de bataille Hood (41.200 tonnes, 45.200 en pleine charge, 262 x 33,6 mètres, tirant d'eau 8,7 m, vitesse de 32 noeuds) et le Prince Of Wales tandis que la Home Fleet de l'amiral Tovey, qui comptait un cuirassé, un porte-avions et quatre croiseurs, se dirigeait plus au sud pour protéger les convois alliés et que la Force H de Gibraltar, avec le croiseur de bataille Renown et le porte-avions Ark Royal, remontait vers le nord en direction du centre de l'Atlantique.

Au cours de l'engagement du 24 mai 1941, à mi-chemin entre l'Islande et le Groenland, le Bismarck détruisit d'une salve, en quelques minutes, le croiseur de bataille Hood, plus gros navire de la flotte anglaise. Le Hood était la fierté des Anglais et les représentait partout dans le monde et Churchill émit un ordre absolu de couler le Bismarck quelque soit le temps et les moyens utilisés pour y parvenir. Après cette bataille navale, l'amiral Lütjens décida de séparer le Prinz Eugen du Bismarck qui continua sa route vers le sud puis obliqua vers l'est.

Dans la nuit du 24 au 25 mai 1941, des avions-torpilleurs Swordfish du Victorious (Home Fleet), menèrent un raid contre le Bismarck mais il n'eut pas de résultat. Le croiseur Suffolk, qui était chargé de le suivre, perdit sa trace le 25 au matin. Il fut recherché et finalement repéré le 26 mai, par un Catalina du Coastal Command, à 790 miles au large de Brest. Rejoint par la Force H, le cuirassé allemand fut atteint au gouvernail par une torpille lancé par un Swordfish de l' Ark Royal. Avec son gouvernail bloqué à 15°, le Bismarck ne pouvait plus manoeuvrer correctement, attaqué par les cuirassés King George V et Rodney qui engagèrent le combat, rejoints plus tard par le croiseur Dorsetshire, atteint par plusieurs torpilles et peut-être finalement sabordé, il sombra le 27 mai 1941 entraînant dans la mort plus de 2.000 marins.

Cette bataille mit fin à la suprématie des cuirassés, qui étaient trop vulnérables aux attaques aériennes et qui furent supplantés à partir de 1942 par les porte-avions. L'épave du Bismarck fut localisée en juin 1989 par 4.600 m de fond à 950 km au large de Brest lors d'une expédition menée par Robert D. Ballard, découvreur de l'épave du Titanic.


Source partielle : Bombers 1939-1945 - Kenneth Munson.

SWORDFISH II        
Moteurs(s)/Engine(s)   1 moteur à pistons de 690 ch                       Bristol Pegasus III Mk. 3                         
Envergure/Span 13,87 m    Longueur/Length 10,87 m    Hauteur/Height 3,76 m     Poids total/Weight 3.410 kg       
Vitesse/Speed 220 km/h à 1525 m    Plafond/Ceiling 5.870 m    Autonomie/Range 880 km         


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